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Publié : 9 avril 2016

"Alerte ! Les chiens aboient"

Cette œuvre est utilisée dans la présentation des rivalités précédant la Première Guerre Mondiale.

Les grandes puissances européennes sont mises en avant :
- le caniche français (beau et chic avec sa cocarde révolutionnaire)
- le bouledogue anglais (fier et puissant)
- le teckel allemand (petit avec les moustaches de Guillaume II et son casque prussien)
- le dalmatien austro-hongrois (semble agressé de toutes parts, alors qu’il est l’agresseur)
- l’ours (et rouleau compresseur) russe (puissant grâce à ses millions d’hommes)

Les États se montrent ainsi agressifs, dubitatifs ou indécis. D’autres États regardent ou se demandent quoi faire face aux tensions grandissantes.

Que faire lors de ce mois de juillet 1914 ?

Cette caricature date très certainement de juillet 1914. Entre l’attentat de Sarajevo et la déclenchement des hostilités fin de ce même mois de juillet.

Le détonateur est à rechercher sur la patte avant gauche du dalmatien. Une guêpe (la Serbie) vient le piquer (attentat de Sarajevo, du 28 juin). Il hurle de douleur. L’Autriche en exigeant des Serbes la livraison des responsables de la mort de l’archiduc François-Ferdinand sait que le Tsar Nicolas II de Russie veille au grain.
Ce dernier mobilise ses troupes (le rouleau compresseur) afin de soutenir le petit frère slave-orthodoxe des Balkans.
La douleur de la piqûre pousse le dalmatien à tirer sur la laisse qui le rattache au teckel allemand. C’est-à-dire que l’Autriche s’assure du soutien total de l’Allemagne en cas de guerre. Soutien que l’’Allemagne, en raison d’accords de défense va apporter aveuglément à l’empereur d’Autriche (François-Joseph) dans sa volonté de punir les Serbes. Nicolas II a la promesse de l’aide de la France, en cas de guerre contre l’Autriche.
L’Autriche va pouvoir attaquer et punir le petit voisin serbe en sachant que la Russie ne laissera pas faire.

La Triple-Entente (France, Angleterre et Russie) ne se laisseront pas faire face aux agressions de la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie ou Italie (qui ne rentre pas en guerre)).

Comme un domino, l’Europe bascule dans la guerre.

A l’Ouest, depuis, l’Entente cordiale, les deux grandes puissances militaires du début du XX° siècle que sont la France et l’Angleterre, se sont rapprochées en 1904. Ces deux puissances redoutent la Weltpolitik du Kaiser Guillaume II. Les Français craignent la concurrence des Allemands sur le continent européen et en Afrique alors que les Anglais ont peur de la flotte impériale que met en place Guillaume II.
En vertu des accords de 1904, l’Angleterre et la France se soutiendront mutuellement en cas de conflit avec l’Allemagne. D’où la présence du bouledogue anglais sur le Nord de la France.

Les Allemands attaquent la France en passant par la Belgique (neutre). Mais, contre toute attente, les Anglais envoient un corps expéditionnaire et surtout sa puissante Royal Navy qui patrouille et lance un Blocus qui encercle l’Allemagne (le pays sera vite asphyxié et connaîtra des émeutes de la faim en 1916-1917).

A côté des principaux belligérants, l’Italie, pourtant alliée à l’Allemagne, n’entre pas en guerre. On voit le soldat italien dégainer mais il n’ira pas au-delà en 1914. Le pays entre en guerre aux côtés des Anglais et des Français en 1915. Les Anglais et les Français lui promettent monts et merveilles. Promesses jamais tenues qui laisseront en plus des centaines de milliers de morts italiens, un goût d’humiliation.

Toujours au sud de l’Europe, la Grèce et la Bulgarie regardent inquiètes vers la Turquie. Turquie (ex-empire Ottoman) qu’elles ont chassée de leurs terres au XIX° siècle (guerres d’Indépendances et guerres balkaniques). Je vous renvoie aux tableaux de Delacroix ("La Grèce expirant sur les ruines de Missolonghi", "le massacre de Chio") et les poèmes de Lord Byron).

Les Turcs avec leurs navires surveillent le détroit du Bosphore en prenant soin de ne rien faire.

Le dessinateur semble neutre et mettre tous les belligérants sur le même plan face aux responsabilités.

Cette caricature a été créée par l’agence "Johnson, Riddel & Co" et publiée par la maison d’édition "W Bacon & Co", de Londres, en 1914.