Publié : 24 décembre 2015

In Flanders fields

In Flanders fields est un poème de guerre. Son auteur est le lieutenant-colonel canadien, John McCrae. Ce poème est une bonne idée pour l’épreuve d’Histoire des Arts.

McCrae rédige ce texte à l’occasion des funérailles de son ami Alexis Helmer tué lors des terribles combats d’Ypres au printemps 1915.

McCrae écrit beaucoup depuis son enfance. Il conservera cet attrait pour l’écriture malgré son engagement dans le Corps expéditionnaire canadien. A 41 ans, il est incorporé dans une unité d’infanterie.
Il est fier de servir la couronne britannique. Son régiment est violemment frappé par les attaques menées par les troupes allemandes. Le 22 avril 1915, les positions occupées par son régiment sont touchées par du gaz moutarde.

A propos de ces combats, il écrit à sa mère : " Pendant dix-sept jours et dix-sept nuits, nul d’entre-nous n’a eu la chance de pouvoir enlever ses vêtements ou même de se déchausser, ou alors de façon très exceptionnelle. [...] (J’ai) toujours dans un coin d’esprit la vision des morts, des blessés, des mutilés, et la terrible crainte de voir les lignes de défense lâcher face à l’ennemi ".

Le 2 mai, son frère d’arme tombe sous les balles allemandes.

Sur la tombe de son ami et d’autres camarades, il remarque que les coquelicots poussent très vite. Il s’en inspire pour écrire son poème.

In Flanders fields the poppies grow
  • Between the crosses row on row,
  • That mark our place ; and in the sky
  • The larks, still bravely singing, fly
  • Scarce heard amid the guns below.
  • We are the dead. Short days ago
  • We lived, felt dawn, saw sunset glow,
  • Loved and were loved and now we lie
  • In Flanders fields.
  • Take up our quarrel with the foe :
  • To you from failing hands we throw
  • The torch ; be yours to hold it high.
  • If ye break faith with us who die
  • We shall not sleep, though poppies grow
  • In Flanders fields.


Dans les champs de Flandre
  • Dans les champs de Flandre, les coquelicots ondulent
  • Entre les croix rang après rang
  • Qui marquent notre place et dans le ciel
  • Les alouettes bravement chantent encore et volent
  • À peine audibles dans le bruit des canons
  • Nous sommes les morts
  • Il y a quelques jours, nous vivions encore
  • Nous sentions la douceur de l’aube
  • Nous regardions l’embrasement du soleil couchant
  • Nous aimions et nous étions aimés
  • Maintenant, nos corps sont étendus
  • Dans les champs de Flandres
  • Poursuivez votre combat avec l’adversaire
  • Nous vous lançons le flambeau de nos mains défaillantes
  • Afin qu’il soit vôtre et que vous le teniez haut
  • Si vous manquez de parole à nous qui mourons
  • Nous ne pourrons pas dormir bien que les coquelicots poussent
  • Dans les champs de Flandre

Très vite, le poème devient un incontournable dans les pays anglo-saxons. Il devient le symbole du sacrifice des hommes tombés au front lors de la Première Guerre mondiale. Les combattants mais aussi les civils sont touchés par les mots de ce poème. Les soldats y trouvent un encouragement dans les terribles combats et les civils eux y trouvent un encouragement à poursuivre l’effort de guerre à l’arrière.

Lors des élections de 1917, le "Parti unioniste" prend ce poème pour mobiliser les Canadiens qui sont de moins en moins nombreux à vouloir s’engager pour partir combattre en France et en Belgique.
Il rencontre un vif succès en Angleterre et aux États-Unis où il sert à encourager les troupes luttant contre les troupes du II° Reich.

Le coquelicot devient grâce à ce poème l’emblème du Souvenir des troupes tombées. Dès 1920, l’American Legion adopte le coquelicot puis ce sera en 1921 au tour de l’Angleterre.

Lors du Centenaire de la Première Guerre mondiale, l’Angleterre a honoré ses combattants tués par une extraordinaire pelouse de coquelicots au pied de la Tour de Londres.

Le souvenir de ce premier conflit mondial reste très ancré dans le cœur des Britanniques autant que dans le nôtre.

La Banque du Canada honore "In Flanders fields" sur son billet de 10$. A gauche vers les coquelicots.